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Soutenance HDR de Sébastien Urbanski
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Le 09 octobre 2023 de 14:00 à 17:30false false
Éduquer à la citoyenneté dans une perspective internationale. République, individualisme, cosmopolitisme.
Sébastien Urbanski, enseignant-chercheur en sciences de l'éducation et de la formation au CREN, soutiendra le lundi 9 octobre 2023 son Habilitation à Diriger des Recherches intitulée "Eduquer à la citoyenneté dans une perspective internationale. République, individualisme, cosmopolitisme".
La soutenance aura lieu à Bordeaux (site Victoire, Salle des thèses, 3 ter Place de la Victoire), de 14h à 17h30.
Résumé
La note de synthèse interroge la notion de citoyenneté en tenant compte de la différenciation croissante des sociétés modernes et de l’approfondissement corrélatif de l’individualisme moral. Pour ce faire, le tapuscrit mobilise la pensée républicaine et holiste issue de Durkheim, prolongée par Mauss, et enrichie par le républicanisme libéral autour de Philip Pettit. Après avoir synthétisé mes études empiriques sur l’enseignement relatif aux religions, le travail enseignant et les dispositifs de formation des enseignants, j’explore un paradoxe lancinant mais peu traité en éducation comparée. D’une part, placer l’individu au sommet d’une hiérarchie de valeurs (droits humains, autonomie, responsabilité) peut conduire à envisager la société elle-même comme une agrégation d’individus. Mais d’autre part, cette vision peut faire obstacle à l’idéal cosmopolite quand elle débouche sur un raisonnement de type 1) tous les individus dans le monde sont égaux, 2) donc l’égalité est une caractéristique des individus, 3) donc la citoyenneté doit pouvoir être pensable à partir des individus, 4) donc il existe une citoyenneté proprement mondiale qui rassemble les individus. Pour échapper à ce sophisme sous-jacent à de nombreuses études sur « l’éducation à la citoyenneté mondiale » (Unesco), il faut réinvestir le holisme sociologique. Car d’un côté, l’individu normatif, celui qui n’a pas d’autres liens sociaux que ceux auxquels il a consenti et dont il peut toujours s’émanciper, ne peut par définition qu’être mondial. Mais de l’autre, l’idéologie individualiste est portée par des sociétés particulières, sur fond de différenciation entre personnes au fil de l’approfondissement de la division du travail social. C’était là l’intuition du professeur de sociologie et de science de l’éducation que fut Durkheim. Elle est ici testée en actes, via le cadrage d’un projet international de formation des enseignants, sur la base d’une actualisation du holisme de l’École française de sociologie, couplé au républicanisme critique initié par Pettit sur le plan international.
Composition du jury
Dominique Avon, directeur d’études (École Pratique des Hautes Études, Univ Paris Sciences-Lettres), histoire contemporaine, rapporteur.
Angela Barthes, PR (Aix-Marseille Univ), sciences de l’éducation et de la formation, rapportrice.
Laurence Kaufmann, PR ordinaire (Univ Lausanne), sociologie, examinatrice.
Françoise Lantheaume, PR émérite (Univ Lumière Lyon 2), sciences de l’éducation et de la formation, présidente du jury.
Régis Malet, PR (Univ Bordeaux), sciences de l’éducation et de la formation, garant.
Philippe Urfalino, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études (EHESS), sociologie, rapporteur.