En France, comme dans d’autres pays, la Covid-19 a entraîné l’urgente décision politique de fermer les écoles et de faire « classe à la maison ». Cet impératif nous a conduits à mener une enquête en ligne, auto-administrée (renseignée par les collégiens), en juin 2020, en France et au Vietnam dans le but de faire des propositions concrètes pour améliorer le bien-être subjectif des élèves.

Dans la mesure où le bien-être à l’école est une évaluation cognitive et affective des expériences vécues à l’école, ce sont les élèves qui sont les mieux placés pour en rendre compte (Florin, 2017 ; Florin & Guimard, 2017). Dans le cadre de ce projet, le bien-être subjectif des adolescents, dont on sait qu’il diminue avec l’âge et plus particulièrement chez les filles (Catunda et al., 2018), est évalué à partir des six dimensions du questionnaire de bien-être subjectif à l’école (BE-Scol), validé auprès d’un millier d’écoliers et de collégiens (Guimard et al., 2015), dans une forme adaptée à la situation de pandémie et de confinement. BE-Scol permet d’évaluer la satisfaction des élèves à l’égard : des relations paritaires (Debarbieux, 2011 ; Coudronnière et al., 2015) ; des activités scolaires ; de la classe et plus largement du collège (Baker et al., 2003) ; des relations avec les enseignants (Eryilmaz, 2014) ; du sentiment de sécurité et du rapport aux évaluations (Bird & Markle, 2012). À titre de validation, une échelle de satisfaction de vie (Bacro et al., 2020) est également utilisée.

Les données recueillies auprès de 800 collégiens français et de 340 collégiens vietnamiens sont analysées de manière comparative et différentielle, afin de rendre compte des diversités des vécus et des représentations dans deux environnements distincts (collège et domicile), dans plusieurs départements français et deux pays de culture différente (France et Vietnam), et touchés différemment par la pandémie, en fonction des caractéristiques sociodémographiques et des conditions de vie des enfants.

Cette évaluation du bien-être subjectif des collégiens permettra de définir l’orientation d’un plan d’action de prévention et de développement du bien-être des collégiens scolarisés dans un dispositif d’enseignement ordinaire ou hybride (distanciel / présentiel), parfois multimodal en fonction de l’évolution de la situation sanitaire.
L’objectif principal de ce projet est, d’une part, de restituer, sous forme d’une recherche-action, les propos des élèves recueillis après le confinement, au sujet de leur vécu scolaire à domicile ou au collège, aux communautés éducatives engagées dans l’étude, afin d’élaborer, de développer et d’expérimenter des solutions pédagogiques et d’accompagnements – qui tiennent compte du vécu des élèves – pour les mois et les années à venir.
D’autre part, et à la suite de la recherche-action, l’objectif secondaire est de fournir aux enseignants un outil numérique pour évaluer les effets de leurs pratiques sur le bien-être subjectif des collégiens. Cet outil (du type plateforme sécurisée et gratuite en ligne) sera développé pour permettre aux enseignants de mesurer de manière autonome les fluctuations des perceptions du bien-être des collégiens à des périodes différentes ou à la suite d’un changement de pratique pédagogique / d’accompagnement.

Des demandes de financement de ce programme de recherche sont en cours.