DESPROFS : Statut social et représentation du métier enseignant

Co-responsables de la recherche : Pascal Guibert et Pierre Perier

Depuis plusieurs décennies, et de manière accélérée ces dernières années, le métier d’enseignant a subi de profondes mutations. Elles sont la conséquence des évolutions de la demande sociale mais aussi des transformations spécifiques au corps enseignant. Les conditions d’accès et les motivations des candidats à la fonction ont changé, de même que la position sociale occupée par les enseignants en termes d’attractivité et de prestige du métier. Des enquêtes montrent qu’une majorité des enseignants du secondaire vivent ces mutations comme un déficit de reconnaissance sociale. Pour expliquer les racines et les formes de ce sentiment de dévalorisation professionnelle et de perte de statut, ce projet de recherche se propose d’explorer plusieurs dimensions posées, par hypothèse, comme fortement structurantes et discriminantes :

– Une pression sociale, singulièrement celle des familles, s’exerce sous la forme d’attentes ou de critiques qui pèsent sur la représentation que les enseignants ont de leur statut et de leur missions. Ni la légitimité institutionnelle, ni la caution des savoirs ne semblent les protéger de jugements qui parfois les mettent en cause et alimentent le sentiment d’un déficit de reconnaissance sociale.

– De nouvelles formes de management des personnels et de pilotage des établissements entraînent la redéfinition de leur mandat en les soumettant davantage à des objectifs, normes et critères qu’ils n’ont pas choisis (partenariat, évaluation, performance..).

– Le sentiment de dévalorisation tient enfin à la difficulté croissante qu’éprouvent les enseignants à faire reconnaître une expertise professionnelle de plus en plus contestée et qu’ils doivent sans cesse négocier ou justifier, aussi bien en interne qu’à l’externe auprès de partenaires du système éducatif.

C’est au confluent de ces trois dimensions conjuguées que se fabrique, selon nous, l’expérience de la dévalorisation sociale et professionnelle des enseignants du secondaire. Une enquête par questionnaire auprès d’un large échantillon d’enseignants en poste dans des établissements de six académies (Amiens, Bordeaux, Lille, Nantes, Rennes, Versailles) contrastées permettra de saisir les formes et les degrés de ce sentiment de dévalorisation sociale et professionnelle. Une deuxième phase qualitative dans une dizaine d’établissements nous donnera la possibilité de relier les représentations des acteurs à des contextes d’exercice précisément définis.

L’enquête en ligne a permis après deux campagnes (et deux tirages d’échantillons d’établissements) de recueillir un total de 2203 questionnaires exploitables comportant chacun plus de 80 questions fermées et ouvertes. La phase qualitative est en cours (observations et entretiens en établissements).

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